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Le rugby fut importé en France par les Anglais en 1872. Béziers, le club le plus titré du Languedoc Roussillon,
fut pourtant le dernier à voir le jour en 1911, à l'initiative de Louis Viennet. Ce dernier fusionne les deux
clubs sportifs existant : le Sporting Club Biterrois et le Midi Athletic Club pour donner naissance à l'ASBH
(Association Sportive Biterroise). Ben qu'omnisport, l'activité phare du club devient vite le rugby avec la
section ASB dont Louis Viennet est président. Grâce à lui, le club se voit doté d'un terrain au bord de l'Orb
: Sauclières. Le siège du club est installé au Café de France sur les allées Paul Riquet.
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La saison 1912-1913 est modeste, mais, dès 1914, l'ASB prend son envol et
devient un des grands clubs du Comité du Languedoc. Le club n'est pas épargné par
la Grande Guerre, pourtant, en 1919 sous la présidence de Henri Bru, il fusionne avec le Midi
Sportif et la Jeunesse Sportive Biterroise.
Le jeu à XV connaît dès lors une nouvelle impulsion, que viennent entretenir deux éléments
nouveaux :
- le retour au pays du riche propriétaire Jules Cadenat : international de 1910 à 1913 au SCUF
- l'arrivée en garnison du second Régiment de chars d'assaut qui fut un véritable réservoir
de joueurs pour le club biterrois.
A partir des années 1920, Sauclières devient une place rugbystique d'exception et plusieurs
demi finales y sont disputées ainsi que la finale du championnat de France en 1921.
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Durant l'entre deux guerres, l'ASB dispute deux finales, en 1924 et 1929 et devient une référence en matière
de formation puisque ses juniors s'imposent en 1936 en coupe Frantz Reichel face à Cognac 14 à 3. A nouveau
en finale de la coupe Frantz Reichel en 1949 et 1951, les juniors s'inclineront cependant devant Dax et Montferrand.
L'ASB ne remportera pas de titre majeur durant toute cette période, à ce moment, le jeu à XIII progresse ce
qui implique que durant une année entière, il n'y a plus de rugby à Béziers. La ténacité de Louis Viennet et
de Jules Cadenat aura raison du jeu à XIII et Béziers réintègre alors son giron de quinziste.
L'ASB se caractérise par un état d'esprit indépendant, rebelle à la centralisation fédérale mais aussi pragmatique
face à Etienne Guilhem qu'elle sut arracher à l'Association des Cheminots de Béziers. Les années 1970 à 1984
seront pour le club des années de gloire.
Les années 50 : les pionniers de Sauclières
Félix Lacrampe qui appartenait au club de Lourdes victorieux en championnat de France en 1950 face à Béziers,
signe à l'ASB qui lui permet d'obtenir rapidement une licence en bonne et due forme. En cette période amère
d'après-guerre, les clubs ne peuvent rémunérer leurs joueurs; Félix Lacrampe souhaite donc obtenir la gérance
d'une importante station service, cela ne se fera pas et il obtiendra un emploi au café de la Comédie situé sur
les allées Paul Riquet. Le public biterrois devient de plus en plus présent, le rugby suscite un enthousiasme
très vif et porte un espoir collectif, satisfaisant l'esprit de cette période d'après-guerre.
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Sauclières devient LE lieu de passage de la ville, et les adversaires craignent
de plus en plus cet endroit chargé de susceptibilités locales exacerbées. Les gradins
couverts et la prestigieuse enceinte furent construit bénévolement par Alex Méric
aidé de trois de ses amis employés dans le bâtiment. L'endroit résonne encore
des éclats de voix de Méric, face au Président Jules Cadenat , qu'il invite vertement à emmener
sa troupe s'entraîner ailleurs pour préserver sa pelouse en vue du match du dimanche...
Félix Lacrampe prend la direction du bistrot de la Comédie, le siège de l'ASB y
est installé et l'endroit devient le coeur du rugby biterrois. Avec l'arrivée de Pierre
Danos et de Raymond Barthes au milieu des années 1950, le jeu à la Biterroise devient
une référence.
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Les années 60 : l'avènement d'une méthode
Raymond Barthes entraîneur devient le bâtisseur d'un style de jeu avant-gardiste basé sur l'efficacité du jeu
d'avants. En 1961, l'ASB remporte le championnat de France face à l'équipe de Dax sur le stade lyonnais. Le
trophée est la récompense de plusieurs années de travail sur les nouvelles combinaisons de la méthode Barthes.
Ce style de jeu se base sur la maîtrise du ballon et des situations, c'est ainsi que les biterrois furent les
inventeurs du "demi-tour contact" ancêtre de la pénétration-protection-progression d'aujourd'hui. Raymond Barthes
se documente sans cesse, il décortique la conception tactique des All-Blacks, examine les progrès réalisés par
l'Afrique du Sud. Le rythme et le contenu des entraînements se modifient, évoluent vers un programme de préparation
individualisée. C'est au milieu des années 1960 que Raymond Barthès quitte l'ASB, laissant derrière lui une
mine d'or à ciel ouvert et rejoint Narbonne. Le club biterrois est désormais le dépositaire exclusif d'un jeu
d'avants, une légende est en marche.
Les années 70 : le bonheur en continu
En 1968, Raoul Barrière devient entraîneur de l'équipe que l'on
nomme alors "Le grand Béziers".Sans relâche, il prépare ses jeunes joueurs aux dents
longues. Enfin, en 1971 c'est le début de la période Bonheur avec la victoire de l'ASB
en championnat de France face à Toulon sur le stade de Bordeaux. C'est ensuite une formidable
cavalcade sur les sentiers de la gloire puisque le club remporte cinq autre titres en 1972,1974, 1975,
1977 et 1978. Comme un rite, le bouclier de Brennus descend les allées Paul Riquet à chaque
sacre au Parc des Princes.
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Le secret de la réussite? un entraînement sans relâche, une remise en question à chaque nouvelle rencontre;
Raoul Barrière émoustille ses troupes par toutes les manières possibles ne craignant pas de recourir à des sciences
sublimatoires pour forcer les cuirasses et pousser à la victoire. Les critiques vont bon train, le pouvoir fédéral
comme la presse parisienne se déchaînent, prônant un rugby moins "géométrique", mais la ténacité du club fait
face et plus encore se fortifie devant ces attaques. Cest en 1978 que Raoul Barrière quitte l'ASB.
Les années 80 : la transition douce
Et la victoire est toujours au rendez-vous : 1980, 1981, 1983... cependant, en 1984, lorsqu'il brandit pour
la onzième fois le bouclier de Brennus, l'ASB n'imagine pas un seul instant que la gloire va quitter son chemin.
Le "Grand Béziers", dix fois champion de France en treize ans règne alors en maître absolu sur le rugby français.
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Vaquerin, Palmié, Martin, ceux que l'on nomme les Mammouths de l'équipe partent
en retraite, les dirigeants comme leur entourage pensent que la relève est prête, grossière
erreur car malgré une transition en douceur entre la fin des années 1970 et les années
1980, le club aveuglé par l'éclat de ses multiples succès n'a su assurer son futur
immédiat. Pendant cette période, les présidents comme les entraîneurs se succèdent à un
rythme trop soutenu... le rugby français connaît une mutation profonde vers un jeu plus évolué et
plus structuré. Le passage au professionnalisme serait le remède mais pour l'heure, le sujet
est tabou. La crise économique pèse sur le club qui ne peut plus compter sur son palmarès
prestigieux pour enrôler de nouveaux "mercenaires". A Perpignan, lors d'un match opposant l'ASB
au Stade Toulousain, Olivier Saïsset confie qu'il avait eu le sentiment d'assister à une passation
de pouvoir. |
Les années 90 : la traversée du désert
Avec l'arrivée de Richard Astre aux commandes, c'est le passage obligé vers
un rugby professionnel. Capitaine de l'équipe en 1978, il quitta le club en pleine gloire suite à un
désaccord qui fit date dans les annales. En 1994, l'ASB appelle Richard Astre à la rescousse.
Il accepte le défi comme un challenge personnel. Tout est à reconstruire, le moral de
l'équipe est en berne, les repères sont disloqués, il faut entamer un véritable
apprentissage et fixer des objectifs clairs. Peu à peu, grâce à la disponibilité de
quelques vieux grognards comme Galart, Villaplana, Garcia et Saint Martin, et à certains joueurs à forte
marge de progression, le club biterrois parvient à gravir les échelons de sa propre renaissance.
La saison 1996-97 est celle de la stabilisation. L'ASB prend la voie du professionnalisme. Avec Richard
Castel, le nouveau capitaine aux commandes, l'ASB élimine le stade Toulousain de la coupe de
France. L'équipe est prête pour la compétition de haut niveau, le club repart dans
le bon sens.
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Les années 2000 : les nouveaux conquérants
Printemps 1999, l'arrivée du Groupe Nicollin à la tête du club donne une nouvelle impulsion et les efforts ne
se font pas attendre avec dès la première saison le titre de champion de France Elite 2 et le retour au plus
haut niveau. Dourthe Escalle, Aué, Bonetti, Bruno, Privat, Laharrague, Mignoni . le club affiche ses ambitions.
Deux saisons plus tard, l'équipe décrochera son billet pour les phases qualificatives. Béziers est de retour
parmi les grands. Le club se structure d'année en année et le travail sur la formation commence à porter ses
fruits, notamment avec l'éclosion de jeunes talents tels que Yannick Nyanga, Dimitri Szarzewski. Après quatre
saisons passées dans l'élite, Béziers est relégué en Pro D2. Mai 2006, les troupes de Michel Palmié et Olivier
Saïsset s'inclineront en demi finale face à Albi. Le cour, la passion et l'envie sont toujours présents, la
saison à venir s'avère palpitante et remplie de défis sportif.
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