Actualités et brèves de l'ASBH

ASBH - SA XV : Invité d'honneur Philippe Escande

 

Demi d’ouverture, le sérignanais a passé dix saisons dans la famille des « Rouge et Bleu ». Avec un Challenge Yves-Du-Manoir et trois finales disputées et remportées,  il nous livre quelques anecdotes savoureuses…

 

Quel est le joueur le plus fort avec lequel vous avez joué ?

Derrière, celui qui m’a le plus impressionné comme coéquipier c’est Jack Cantoni. Un joueur surdoué ! Très fort en attaque, très bon en défense, il faisait des choses que personne ne pouvait faire sur un terrain. Devant, Alain Estève « Le Grand ». Alain avait un physique et une puissance de percussion hors du commun. Je l’ai vu désintégrer, ballon en main, des adversaires en les faisant rouler au sol sur au moins cinq mètres. L’impact était foudroyant, impressionnant.

 

Le plus fort que vous avez affronté ?

Au poste d’ouvreur, sans hésiter le Gallois Jonathan Davies. J’ai joué contre lui avec l’équipe de France B. C’était un joueur de grande classe internationale, du top niveau. En France, l'arrière qui m'a le plus impressionné c'est Philippe Sella. Ses crochets et sa vitesse faisaient des ravages. Il était imprévisible et avait des cannes de feu. Il ne fallait pas lui laisser le moindre espace.

 

Le plus pénible contre lequel vous avez joué ?

Un joueur très physique avec énormément de courage, surtout face aux avants de Béziers, c'était Christophe Terrain. Il jouait au poste de 3è ligne centre. Lui, il ne s’échappait jamais. Nous l'avions notamment joué en finale du Challenge Yves-du-Manoir en 1977 à Colombes face à une très grosse équipe de Lourdes. Nous avons remporté cette finale d’un point (19-18) et à la fin du match il continuait à donner le change à Armand et au Grand .

 

Le plus fou ? 

« Fou » dans le sens  courageux, c’est Philippe Chamayou. C'est un Sérignanais comme moi. J’étais un peu son grand frère. Il bossait beaucoup. Il s’entrainait en courant sur les dunes de la Maïre avec des sacs de cinquante kilos sur le dos... Il avait un physique exceptionnel. Il ne se mettait pas de limites. De temps en temps, il avait des états d’âme avant les finales car dans sa carrière, il a été confronté à une troisième ligne titulaire talentueuse avec Pierre Lacans, Jean-Michel Bagnaud et Jean-Marc Cordier. Il était souvent remplaçant et ça le chagrinait. Il venait me parler pour que je lui remonte le moral et je lui répétais sans cesse que le travail payait toujours. Pour preuve, Il est rentré en cours des finales de 1983 et 1984 et il a été champion. Aujourd’hui je suis très heureux qu’il prenne ma suite en tant que Parrain du Centre de Formation.

 

La plus grosse colère à laquelle vous avez assisté ?

La plus grosse tension c’était pour le départ de Raoul-Barrière qui a été voté par les joueurs. J’étais jeune et cela a été difficile à vivre car pour préserver notre collectif nous avions conscience de sacrifier un grand coach.

 

La plus grosse engueulade dans un vestiaire ?

C’était au Creusot pour un de mes premiers matchs de championnat. A l’époque nous avions une surprime lorsque nous inscrivions six essais. C’était le ‘challenge Pernod’. On gagnait largement. Nous en étions à cinq essais marqués et pour toucher la surprime on a relancé de l’en-but. Une belle action de jeu mais « Pépito » Navarro se fait prendre à un mètre de la ligne et ne marque pas l’essai. Dans le vestiaire, un joueur cadre lui a reproché de ne pas avoir marqué. Pépito lui a dit le reste car c'était un mec entier. C'était chaud...

 

La troisième mi-temps la plus folle ?

Ma plus folle troisième mi-temps à Paris , après une finale , c’est avec Armand Vacquerin. Après la finale du championnat de France, en 1983 je crois. Nous étions dans l’obligation de nous séparer chacun de notre côté en taxi après les finales. Il ne fallait pas se tromper d'équipier car Paris est grand et on pouvait facilement passer à coté d'une grande fête. Armand me dit : « viens pèque avec moi. » On monte dans un taxi, le chauffeur reconnait Armand, sort du taxi et met le cache sur son enseigne et lui dit « ce soir, c’est pour moi Monsieur Vacquerin, je vous suis partout. » On a fait la tournée des endroits à la mode en commençant par l’Elysée Matignon, qui était une boite de nuit. Il y avait entre autres Johnny Hallyday, Serge Lama et d'autres personnes connues qu'Armand côtoyait. Après nous sommes allés chez Castel où nous avons discuté avec Alain Delon et Jean-Paul Belmondo.  Puis on a continué à faire la tournée de tous les endroits branchés. Nous avons mangé « Au pied de cochon » au petit matin et avons retrouvé la plupart des joueurs de l'équipe. C’est la plus grosse soirée que j’ai pu faire à Paris avec Armand. Inoubliable. Le chauffeur de taxi ne nous a pas lâché de la nuit et il a mangé avec nous pas peu fier. Après une finale, nous souhaitions tous revenir le plus tôt possible à Béziers. Car les plus bons moments , on les passait à Béziers autour des allées Paul Riquet avec nos supporters quand on brandissait le Bouclier de Brennus sur le parvis du théâtre. Les allées étaient noires de monde. La fête et notre fierté de ramener le bouclier était notre plus belle communion avec tous les supporters du grand biterrois. Ensuite, on descendait du parvis du théâtre par la porte face aux allées pour s' immerger avec nos supporters et faire la fête dans tous les bars et restaurants de la ville. On aurait aimé que ces soirées ne finissent jamais tant l'euphorie de la victoire et la satisfaction du travail accompli nous rendaient heureux. On y retrouvait nos supporters, nos copains d’école, nos amis d'enfance et on faisait la fête jusqu’au bout de la nuit. Que du bonheur...

 

Votre plus grand regret ?

En ayant joué dix saisons à Béziers, décroché six titres de champion avec trois finales jouées, impossible d'avoir des regrets car j'ai eu la chance de jouer dans ce grand club. Un regret sur le plan sélection avec l'équipe de France car je ne me suis jamais donné les moyens.

 

Un moment embarrassant ?

Avant une finale, c'était ma première saison à l'ASB, j'avais 19 ans, je venais du SO Vendres où j'avais gagné un titre de champion de France. J'étais remplaçant et je partageais la chambre avec un coéquipier. On logeait à l’hôtel Royal-Monceau à Paris et nous étions sortis la veille du match… Henri Mioch se blesse au bout de dix minutes de jeu et Raoul me fait rentrer. Je marque un essai et nous remportons la finale ! Mais notre sortie avait fuité (rires) et à l’époque ce n’était pas des choses qui se faisaient, surtout à Béziers. Si tu faisais un en-avant au cours du match ou si tu manquais un deux contre un, il te sortait de l’équipe; alors dans ces conditions je n’étais pas prêt de rejouer… Comme j’étais jeune, il m’a pardonné, un peu moins à mon voisin de chambre... J'avais fait un gros match. C’est sans doute la raison pour laquelle il ne m’en a jamais parlé… Cette année là, en 1977, nous avions remporté tous les matchs du championnat et de « Du Manoir » et nous avions fait la saison avec 19 joueurs. Un journaliste avait sorti un livre intitulé « LES INVINCIBLES. »

 

Un mot pour conclure ?

Comme tous les amoureux du club, j'ai vécu la période des négociations avec beaucoup d'intérêt et je regrette très sincèrement que les deux partis n'aient pas pu trouver un accord. Nous devons tourner cette page en soutenant les Présidents actuels car ce sont des vrais Biterrois, amoureux du club qui n’ont qu'un objectif, redresser la situation du club et le rendre  attrayant pour d’éventuels investisseurs. Jean-Michel Vidal et Michaël Guedj ont eu le courage d'assumer cette responsabilité dans cette période délicate,  je leur apporte tout mon soutien et leur souhaite  tous mes vœux de réussite.

 

crédit photo : DR

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