Actualités et brèves de l'ASBH

Un prince du Brennus à l'honneur : Philippe Bonhoure

Deux Brennus à son palmarès, Philippe Bonhoure continue aujourd’hui de vivre dans l’univers du rugby. Plein d’humour, ce passionné de l’ovale se livre sans concession sur sa carrière…

 

Quel est le joueur le plus fort avec lequel vous avez joué ?

C’est très dur comme question, mais un joueur me vient immédiatement à l’esprit, c’est Pierre Lacans. Pierre avait deux casquettes. Il a été un joueur international de grand talent et il a surtout été notre capitaine. Il y avait Pierre sur le terrain et en dehors du rectangle vert. Sur le pré il était magique, comme il s’avait l’être également en dehors. Pierre, c’était la classe ! Je crois que c’est le plus grand avec lequel je n’ai jamais joué. Il faisait l’unanimité, il était bien avec tout le monde, il était apprécié de tous. Sur le terrain c’était la générosité incarnée.

Un jour, nous étions confrontés à Avignon, ce jour-là, je jouais à l’aile. C’était un match comme il n’en existe plus aujourd’hui, avec un score à plus de soixante points, car tu n’as plus le droit de te relâcher. Alors que nous venions de marquer un essai, en revenant dans notre camp, Pierre me dit : sur le coup d’envoi tu me suis. Sur le coup d’envoi, il récupère le ballon, je me mets dans son sillage, il joue des coudes une fois à droite et une fois à gauche, il me passe le ballon dans l’intervalle et je termine en aplatissant au milieu des poteaux. Ça c’était Pierre Lacans !

Didier Cambérabero était également un joueur doué, il savait tout faire ! Faire des passes, jouer au pied, Didier avait un très bon bagage technique.

 

Le plus fort que vous avez affronté ?

J’ai eu la chance de jouer avec Philippe Sella en Équipe de France Junior. C’est aussi une des raisons pour laquelle je l’apprécie. Souvent les grands messieurs sur le terrain, le sont également en dehors. C’est le cas de Philippe Sella qui possédait des qualités physiques exceptionnelles. C’est un garçon qui a commencé à jouer au poste d’arrière, il est ensuite passé à l’aile en sélection, puis a terminé au centre. Je pense que c’est le poste qui lui convenait le mieux. Il savait allier vitesse, solidité et jouait collectif. C’était un centre moderne.

 

Le plus pénible contre lequel vous avez joué ?

Henri Sanz, le demi de mêlée de Narbonne, était pénible dans le jeu. Il ne lâchait jamais rien. Tu pouvais lui envoyer les ‘gros’, ça ne lui faisait pas peur, il plaquait à tour de bras. C’était un joueur dur au mal.

 

Le plus drôle avec lequel tu as joué ?

Cela va te surprendre car c’est un joueur un peu moins connu, même s’il a joué à Béziers il n’était pas international il s’agit de Christophe Huc, qui jouait seconde ligne. Il a raté sa vocation, il aurait dû faire du spectacle. C’est un garçon très très drôle. Il nous faisait mourir de rire, j’adore son humour, c’est un homme brillant.

 

Le plus fou avec lequel tu as joué ?

C’est moi (rires) ! Il n’y a pas de joueurs plus fous que moi, c’est impossible d’en trouver un. Les joueurs m’ont surnommé comme cela. Je ne sais l’expliquer si ce n’est de dire que c’est dans mon tempérament.

 

Le plus insupportable avec lequel tu as joué ?

Avec qui je vais me fâcher (rires) ! Didier Cambérabéro était un joueur de talent mais avait mauvais caractère. Il était pénible sur le terrain, il pouvait s’énerver gravement ! Nous pouvions nous frictionner ensuite, mais c’était saint. Les choses étaient dites et la page était tournée.

 

Une engueulade dans le vestiaire ?

Un jour à l’entrainement, l’agressivité était devenue trop importante, deux joueurs en sont venus aux mains. Il faut dire que les entrainements étaient animés, il y avait des contacts… On jouait au rugby ! Nous sommes vite allés les séparer. Cela avait choqué l’assistance car ce n’était pas dans les habitudes des deux hommes, mais la page a été vite tournée.

 

La troisième mi-temps la plus folle ?

Il y en a eu (rires) ! La Finale de 1981. Je ne la joue pas car je suis blessé en quart. Mais je monte avec l’équipe, je fais la préparation avec eux. Après le match, je me retrouve avec Alain Estève… Il m’a fait vivre une troisième mi-temps exceptionnelle. C’était la classe ! Nous sommes allés chez « Castel » et on lui déroulait le tapis rouge. Moi j’étais un gamin, je découvrais tout. Il y avait Ilie Nastase, le joueur de tennis roumain avec deux filles à ses côtés… Armand Vaquerin était un personnage, au-delà du biterrois c’était une figure nationale. C’était énorme.

 

Votre plus grand regret ?

C’est de ne pas avoir gagné le titre en 1991. Je pense qu’on le méritait. Nous avions une belle génération… Nous avons fait une très belle saison, je crois que nous perdons seulement deux rencontres et nous avons battu le Stade Toulousain à deux reprises. Ne pas avoir joué en équipe de France est également pour moi un regret. J’ai pu faire toutes les sélections possibles, mais pas en équipe « A ». J’ai été sélectionné mais j’ai dû décliner suite à une fracture de la main. Mais le titre de Champion de France et le gain du bouclier a vite mis un baume sur cette blessure. Le bouclier est un très bon médicament.

 

Le moment le plus embarrassant ?

Dans ma carrière d’arbitre oui avec notamment une demi-finale de championnat qui opposait le Racing à Clermont-Ferrand. C’est une passe de Lapandry à Fofana, qui perce de rideau ciel et blanc et va marquer. Alexandre Ruiz qui officie sur le pré fait appel à la vidéo. La passe est litigieuse mais en mon âme et conscience je la considère comme en-avant… Les clermontois qui perdent le match me l’ont reproché et m’ont mis la défaite sur le dos. Ce n’est pas juste. Je pense ne pas avoir mérité tout ce qui a pu être dit. C’est dur, je sais bien que cela fait partie du monde de l’arbitrage et il faut savoir l’accepter. Quand tu es joueur tu es à la recherche de l’amour des gens, en tant qu’arbitre, c’est quelque chose que tu n’as pas !

J’ai également arbitré Eric Béchu, alors qu’il entrainait le SC Albi. Cela ne s’est pas très bien passé à l’occasion d’un match à Toulouse. Ce qu’il faut savoir avant tout, c’est que nous étions à l’école ensemble, à Mirepoix. Nous avons le même âge, c’était mon ami. Une de mes deux filles était présente au match, lors d’une rencontre à Toulouse lors de laquelle les jaunes et noirs s’inclinent logiquement. A l’époque, elle badait les Clerc, Poitrenaud… Et elle avait acheté un pantalon du Stade Toulousain à la boutique. Elle récupère son sac et Eric Béchu devant toute l’assistance crie haut et fort : « c’est normal que les toulousains aient gagné aujourd’hui… ». Nous avions fait la finale UNSS de rugby à Dax… J’étais déçu de ce genre de comportement.

 

Un moment cocasse dans ta carrière ?

C’était à Albi, une rencontre face à Tarbes en phase finale du championnat, un huitième ou un quart de finale, je ne me souviens plus. Durant le match, je regarde par terre et je trouve une pièce de cinq francs. Je la ramasse et la met sous la chaussette. Quelques années après, j’ai appris qu’une personne qui était derrière les poteaux jetait à chaque rencontre une pièce sur la pelouse… (rires)

 

Un commentaire pour conclure ?

Nous, ancien joueur, nous ne voulons que du bien au club. Nous souhaitons que le club réussisse et retrouve ses couleurs. Aujourd’hui et malheureusement avec le contexte économique, la place du club est en PRO D2. Jouer les premiers rôles en PRO D2 est possible. Je suis convaincu qu’il manque qu’un peu d’argent et tout repartirait. C’est aussi pour cela que nous nous sommes laissés abuser par tout ce qui s’est passé cet été. Nous avons cru au Père Noël. Il y a tout à Béziers ; un public, un stade, un peuple, un passé… Tout pour faire un grand club. Malgré tous les miracles que font messieurs Guedj et Vidal avec les collectivités, c’est dur ! Le rugby de Top 14, mis à part Agen et Castres, est représenté que par des métropoles. Demain, il y aura du rugby à Lille et peut être à Marseille… Toulon n’est pas loin !

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